Rencontre – © Stéphanie Kerckaert

En compétition dans la catégorie Meilleur Premier Film Européen, « Just not now » est un film qui raconte une histoire d’amour entre un soldat russe et une jeune polonaise. Nous avons rencontré Yury Rogozin qui est à la fois co-scénariste, co-réalisateur et acteur du film. Il nous parle avec émotion de la genèse de « Just not now » et de son parcours avec son vieil ami et co-réalisateur, Valery Pendrakovsky.

Est-ce votre première collaboration avec Valery ?

Yury Rogozin : « Non, ce n’est pas la première fois. Valery et moi sommes amis depuis plus de 25 ans. Nous nous sommes rencontrés à l’université et, depuis, nous avons eu à travailler ensemble sur des projets où, la plupart du temps, j’étais scénariste et lui producteur et réalisateur. « Just not now » est donc notre  première co-réalisation. »

Est-ce facile d’écrire ou de réaliser un film à deux ? Les idées peuvent diverger…

Y.R. : « En fait, j’ai écrit le scénario presque tout seul. Mais pour ce qui est de la co-réalisation, c’était facile puisque Valery et moi nous connaissons trop bien, et nous n’avons pas besoin de beaucoup de mots pour nous comprendre sur le plateau de tournage. »

D’où vous est venue l’histoire de « Just not now » ?

Y.R. :« Notre inspiration pour ce film nous est venue d’une phrase trouvée dans la nouvelle « The smell of chocolate » de Vladimir Voinovich, un dissident russe. Le passage mentionnait un soldat russe et nous avons décidé d’écrire toute l’histoire autour de ce soldat qui n’était pourta,nt pas du tout un personnage principal. Valery m’a amené ce petit passage, vraiment très court, et j’ai commencé à écrire le scénario. »

Quel message voulez-vous véhiculer à travers le film ?

Y.R. :« Il s’agit d’un film sur une histoire d’amour. On ne voulait pas écrire un film intellectuel. Quand nous l’avons écrit, ce n’était pas pour faire réfléchir les gens mais plutôt pour éveiller leurs sens, susciter leurs émotions. Je serai donc très heureux de voir une larme d’émotion couler après chaque projection du film. »

On voit finalement peu de films russes par chez nous. Comment se porte la cinématographie russe contemporaine ?

Y.R. : « C’est une question très délicate : la grande partie du budget destiné aux films russes est orienté la T.V mais pas le cinéma ou très peu alors. Nos cinéastes ne savent comment faire exister leurs films. Le cinéma américain gagne le terrain avec plus de 90%  contre moins de 10% pour le cinéma russe. Paradoxalement, quand nous nous présentons dans les festivals, nos films sont souvent primés tant nos acteurs que nos techniciens. »

Avez-vous des projets en cours ?

Y.R. : « Pour l’instant, j’écris surtout des scénarios pour les séries TV. A part ça, j’enseigne l’écriture des scénarios à l’Institut du Cinéma de Moscou. Pour ce qui est du cinéma, Valery et moi n’avons pas encore de projets immédiats. Peut-être dans un mois, une année ou deux ? Qui sait… »

Propos recueillis par C.N.