Rencontre © Jean-Sébastien Hermant

Zaïda Bergroth est la réalisatrice de « The Good Son » présenté en Compétition Internationale. Entre deux projections, nous lui avons posé quelques questions…

Quelles ont été vos sources d’inspiration pour ce film ?

Z.B. : « J’ai en eu plusieurs, que j’ai modelées et entremêlées les unes avec les autres. Mais ma première inspiration est personnelle, inspirée d’une situation où une personne prend beaucoup trop de choses sur ses épaules, jusqu’à se transformer. Ensuite, j’ai rencontré un homme dont le fils avait un comportement assez agressif et ce père l’encourageait dans cette voie, ne tempérait pas son caractère. L’idée principale était donc de partir de ces jeunes, ces adolescents qui agissent comme des gardes du corps avec leurs parents. »

Le film aborde des sujets très sombres. Comment avez-vous travaillé avec vos acteurs pour qu’ils arrivent à sortir de telles émotions ?

Z.B. : « Les deux acteurs qui jouent la mère et le fils se connaissaient déjà avant le tournage puisqu’ils s’étaient rencontrés lors de cours de théâtre. Ensuite, on a discuté de longues heures pendant lesquelles je leur ai expliqué ce que je voulais, ce que j’attendais d’eux. Le secret c’est de travailler, de répéter et de répéter encore. Mais la chose la plus importante, c’est la confiance qu’ils avaient l’un en l’autre. Je crois aussi qu’ils me faisaient confiance et c’est vraiment un élément primordial sur plateau de tournage. »

Vous avez tourné de manière chronologique. Qu’est-ce que cela a changé dans votre manière de travailler ?

Z.B. : « La liberté ! Habituellement, les scènes sont figées, prévues à l’avance, compartimentées. Tourner chronologiquement apporte une liberté et une spontanéité puisque je pouvais changer le script en cours de tournage. J’ai d’ailleurs réécrit une partie des scènes au jour le jour, en fonction de ce qui avait déjà été tourné ou des choses qui étaient apparues sur le plateau. Je n’étais pas obligée d’avoir tout imaginé à l’avance, je pouvais laisser aller certaines choses et modifier le script en fonctio. De plus, je pouvais aussi avoir de nouvelles idées en fonction de ce que les acteurs proposaient. »

Les propos du film ainsi que la relation mère-fils, très durs, sont en total contraste avec l’ambiance générale du film, plus légère, notamment grâce à la musique…

Z.B. : « Le propos du film est très dur, c’est vrai, et assez délicat à traiter. Pour ce film, j’ai voulu apporter quelque chose de neuf dans la réalisation et créer une atmosphère plus légère pour ne pas alourdir encore le propos. J’ai pu faire cela notamment grâce à la musique composée par le duo franco-finnois, « Mi and L’au ». Leur musique a permis d’apporter une légèreté au film car je voulais surtout éviter de souligner à tout prix le propos en y ajoutant une musique sombre. Le contraste est beaucoup plus intéressant pour le film et pour l’atmosphère générale.

Votre film a été primé plusieurs fois et est présenté en Compétition Internationale. Avez-vous des attentes particulières par rapport à cela ?

Z.B. : « Rien de particulier. Je profite juste de la Belgique, que je ne connaissais pas du tout. Je suis très heureuse d’être ici. J’ai déjà reçu un beau bouquet de fleurs et un très joli cœur. Ce que j’apprécie aussi beaucoup, c’est de pouvoir rencontrer des collègues : c’est une bouffée d’air frais ! »

Propos recueillis par L.M.